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1032 · les cols deviennent un comté 1232 · le siège à Chambéry 1381 · Venise et Gênes signent à Turin 1388 · Nice, une fenêtre sur la mer 1409 · l’ordre du Collier a un texte 1416 · le comté devient duché 1563 · la capitale quitte Chambéry 1706 · Turin tient 1720 · la maison devient royale 24 mars 1860 · la Savoie cesse d’être un État 17 mars 1861 · la couronne devient celle de l’Italie 1032 · les cols deviennent un comté 1232 · le siège à Chambéry 1381 · Venise et Gênes signent à Turin 1388 · Nice, une fenêtre sur la mer 1409 · l’ordre du Collier a un texte 1416 · le comté devient duché 1563 · la capitale quitte Chambéry 1706 · Turin tient 1720 · la maison devient royale 24 mars 1860 · la Savoie cesse d’être un État 17 mars 1861 · la couronne devient celle de l’Italie

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Culture & patrimoine

Le chemin d’un État.

Avant le département, la Savoie a été un pays. Cette frise ne raconte pas toutes les batailles. Elle suit ce qui change l’État : son nom, son rang, sa capitale, ses frontières, et le jour où la couronne s’en va. Elle retient aussi ce que cet État laisse : un signe, une paix signée chez lui, une capitale qui a tenu, une couronne qui devient celle de l’Italie. Faites défiler. L’année suit la lecture, et les vides entre deux dates sont des années.

1032 après la charte de 1003

Les cols deviennent un comté.

À partir de quand la Savoie est-elle un pays, et pas seulement un nom ?

Le 4 avril 1003, une charte nomme Humbert : « Umberto comitis ». C’est la première trace écrite du titre. Ce n’est pas encore un territoire aux bords nets. Humbert est un fidèle du roi de Bourgogne. Le 1er septembre 1032, Rodolphe III meurt. Humbert prête fidélité à l’empereur Conrad II. Vers 1032, il tient la Maurienne. En 1034, le Chablais et Saint-Maurice d’Agaune rejoignent cet ensemble.

Le col du Mont-Cenis, entre la Maurienne et le versant italien
Le col du Mont-Cenis, un des passages que le comté tient après 1032, avec le Grand et le Petit Saint-Bernard. Photo : Florian Pépellin, 15 septembre 2024, CC BY-SA 4.0. Le col d’aujourd’hui, pas la route du XIe siècle.
Avant

Un nom dans une charte, et des droits dispersés.

Ce qui change

Après 1032, ces droits se rassemblent sur les cols : Mont-Cenis, Grand et Petit Saint-Bernard.

Ce qui reste

Une maison qui tient le passage. Pas encore une capitale.

Phrase à retenir. Le comté naît comme un péage de montagne.

Personnage Humbert Notice Humbert Ier

14 ans

1046

Le mariage qui passe les Alpes.

Le comté reste-t-il seulement un gardien de cols ?

Othon, fils de Humbert, épouse vers 1046 Adélaïde, marquise de Suse et héritière de la marche de Turin. Le comté met un pied dans les plaines du versant italien. Les notices l’appellent aussi Odon ou Otto : c’est le même homme. Adélaïde n’apporte pas un simple douaire. À la mort d’Othon, elle tient ces terres. Le centre du pouvoir, lui, reste dans les montagnes.

La Sacra di San Michele, abbaye au-dessus de la vallée de Suse
La Sacra di San Michele, au-dessus de la vallée de Suse, du côté des terres d’Adélaïde. L’abbaye n’est pas le lieu du mariage : elle montre le versant italien. Photo : Florian Pépellin, 15 juin 2023, CC BY-SA 4.0.
Avant

Un versant : les cols, du côté de la Maurienne.

Ce qui change

La maison est associée à Suse et à Turin. Elle a désormais deux versants.

Ce qui reste

Le Piémont est une ouverture, pas encore le siège.

Phrase à retenir. Dès 1046, la maison a deux versants. Elle mettra cinq siècles à choisir.

Personnage Humbert, son père Notice Othon Notice Adélaïde de Suse

186 ans

1232 Thomas Ier, comte depuis 1189

Le siège quitte la Maurienne.

Où gouverne-t-on, une fois que le comté a grandi ?

Thomas Ier étend le comté vers le nord et vers le Piémont. Il fait de Chambéry le lieu d’où l’on gouverne, loin du premier ancrage de la Maurienne. Les notices ne s’accordent pas sur l’acte : l’une date l’acquisition de 1220, l’autre l’achat de 1232. Elles s’accordent sur le résultat. Vers 1232, la résidence comtale est au château.

Le château des ducs de Savoie à Chambéry, avec la Sainte-Chapelle au-dessus de la place
Le château de Chambéry aujourd’hui. Thomas Ier y installe le siège du comté vers 1232. Photo : Florian Pépellin, 2012, CC BY-SA 4.0.
Avant

Un comté de cols, sans ville-capitale.

Ce qui change

Le pouvoir s’assoit à Chambéry.

Ce qui reste

Chambéry le reste jusqu’en 1563.

Phrase à retenir. Un pays de cols choisit une ville.

Personnage Pierre II, comte ensuite Notice Chambéry

149 ans

1381 8 août, Turin

Deux républiques signent chez le comte.

Un comté de cols peut-il finir une guerre de mer ?

Le 8 août 1381, à Turin, Amédée VI fait signer à Venise et à Gênes la paix qui termine la guerre de Chioggia, ouverte en 1378. Il est le médiateur. Les deux républiques viennent à sa table. Le comté reste un pays de cols. La notice donne le 8 août. C’est la date retenue. L’original du traité n’a pas été ouvert pour cette page.

La façade baroque du palais Madame à Turin, sur la place du Château
Le palais Madame, à Turin, dans son état d’aujourd’hui. La façade est celle de Filippo Juvarra, au XVIIIe siècle, bien après le 8 août 1381. On ne sait pas si la paix fut signée dans ce bâtiment. Photo : Lurens, 11 mai 2022, CC BY-SA 4.0.
Avant

Une guerre entre Venise et Gênes, et un comte dans ses montagnes.

Ce qui change

La paix se signe à Turin.

Ce qui reste

Le comté, toujours un pays de cols.

Phrase à retenir. Un pays se mesure aussi aux paix qu’on vient y signer.

Personnage Amédée VI Notice Paix de Turin

7 ans

1388 28 septembre

Une fenêtre sur la mer.

Un comté de montagne peut-il avoir un port ?

Le 28 septembre 1388, Nice se donne à Amédée VII, le comte Rouge. La Provence est en crise depuis la mort de Jeanne Ire en 1382. La ville cherche un protecteur. L’acte s’appelle une dédition : Nice passe sous la maison de Savoie, et le comte prend les titres de seigneur de Nice et de comte de Vintimille. Le pays, jusque-là sans rivage, a un port. Ce n’est pas Amédée VI. Il est mort le 1er mars 1383. C’est son fils.

La baie des Anges à Nice, vue depuis la colline du château
Nice et la baie des Anges, vues aujourd’hui depuis la colline du château. Le 28 septembre 1388, la ville se donne à Amédée VII. Photo : Hgp01, 27 mars 2021, CC BY-SA 4.0.
Avant

Des cols, une capitale, pas de mer.

Ce qui change

Nice ouvre le comté sur la Méditerranée.

Ce qui reste

On gouverne toujours depuis Chambéry.

Phrase à retenir. 1388 donne à la Savoie une mer. La capitale, elle, ne bouge pas.

Personnage Amédée VI, mort en 1383 Notice Comté de Nice

21 ans

1409 30 mai

Le signe a un texte.

Comment un ordre survit-il quand ses premiers statuts sont perdus ?

Le 30 mai 1409, Amédée VIII renouvelle les statuts de l’ordre du Collier. Aux Archives d’État de Turin, le document est une copie du temps, enluminée, sur parchemin : les plus anciens statuts de l’ordre qui soient conservés, avec les additions de 1434. La légende date ces additions du 13 février 1434. Elle dit que le texte remplace des statuts perdus, ceux d’une fondation d’Amédée VI en 1362. Le paragraphe suivant de la même page date cette fondation de 1344, et c’est là qu’il compte quatorze chevaliers, le comte faisant le quinzième. Grokipedia retient 1362. Cette page ne choisit pas une année de naissance. Elle date l’acte qui existe. Le 11 septembre 1518, la même archive écrit que Charles III aurait mis l’Annonciation sur l’insigne : à partir de là, l’ordre prend ce nom. La charte royale du 3 juin 1869 le nomme encore ordre suprême du royaume d’Italie. Les lettres FERT sont sur l’écharpe de Victor-Amédée II, dans le portrait de ce site. Le testament d’Amédée VI, en février 1383, veut la chartreuse de Pierre-Châtel, au-dessus du Rhône, pour église de l’ordre.

La chartreuse de Pierre-Châtel sur son rocher, au-dessus du Rhône
La chartreuse de Pierre-Châtel, aujourd’hui, au-dessus du Rhône, à Virignin. Le testament de février 1383 la veut pour église de l’ordre. La photo est le lieu d’aujourd’hui, pas la salle du 30 mai 1409. Photo : Patrice78500, 19 août 2013, CC BY-SA 3.0.
Avant

Un collier, des nœuds, la devise FERT. Les premiers statuts sont perdus.

Ce qui change

Un texte, daté du 30 mai 1409.

Ce qui reste

Le signe, porté encore par les rois de la maison.

Phrase à retenir. Un État se reconnaît au signe que les siens portent encore.

Personnage Amédée VI Personnage Amédée VIII Archive Statuts du 30 mai 1409 Notice L’Annonciade

7 ans

1416 19 février, Chambéry

Le comté devient un duché.

Que change un titre, quand les terres sont déjà là ?

Le 19 février 1416, l’empereur Sigismond élève Amédée VIII au rang de duc, à Chambéry. Le titre ne dessine pas une carte nouvelle. Les terres sont déjà rassemblées : les cols, Nice, et le comté de Genève acheté en 1401. Il change le rang. Dans l’Empire, un duc n’est plus un comte parmi d’autres.

Portrait de tradition d’Amédée VIII en Félix V, en manteau brodé, couronne et sceptre
Amédée VIII, devenu Félix V. Ce n’est pas un visage pris le 19 février 1416. On le reconnaît à l’habit du pontife, pas à une ressemblance prouvée. Domaine public.
Avant

Un comté déjà vaste.

Ce qui change

Le nom de l’État : duché.

Ce qui reste

Les mêmes vallées, la même maison, la même ville.

Phrase à retenir. 1416 change le nom de l’État, pas sa carte.

Personnage Amédée VIII Notice Amédée VIII

1418 décembre

Le Piémont n’a plus qu’un maître.

Le duché est-il un seul pays, ou deux branches de la même maison ?

Une branche cadette tenait le Piémont à part. Louis, son dernier seigneur, meurt en décembre 1418 sans héritier légitime. Le Piémont revient à son cousin Amédée VIII, déjà duc. Les notices ne donnent pas le même jour : le 6 ou le 11 décembre. Le mois, et l’effet, sont les mêmes. Deux États savoyards n’en font plus qu’un. Deux ans séparent le titre et le territoire. Ce n’est pas un siècle.

La basse vallée de Suse, ouverte vers la plaine piémontaise
La basse vallée de Suse, ouverte sur la plaine. En décembre 1418, le Piémont tenu à part revient au duc. Photo : Fernando.tassone, 2014, CC BY-SA 3.0. Le pays d’aujourd’hui.
Avant

Le duc à Chambéry, un cousin dans le Piémont.

Ce qui change

La branche cadette s’éteint. Le Piémont revient au duc.

Ce qui reste

Un seul maître, des deux côtés des Alpes.

Phrase à retenir. 1416 était un rang. 1418 en fait un territoire d’un seul tenant.

Personnage Amédée VIII Notice Louis de Piémont

118 ans

1536 jusqu’en 1559

L’État peut disparaître.

Que reste-t-il d’un pays quand un autre l’occupe ?

En mars 1536, François Ier fait entrer ses armées. Charles III a refusé le passage vers l’Italie. La France occupe la Savoie et le Piémont. Turin tombe en avril. Le duc se replie. Vingt-trois ans plus tard, son fils Emmanuel-Philibert, vainqueur à Saint-Quentin le 10 août 1557, obtient la restitution au traité du Cateau-Cambrésis. La notice qui le concerne date ce traité du 3 avril 1559. Une autre notice dit les 2 et 3 mars 1559. La date retenue ici est le 3 avril, déjà celle de la page Personnages. Tout ne revient pas : la France garde la main sur la Bresse, le Bugey et le pays de Gex.

Portrait d’Emmanuel-Philibert en armure noire et or, peint de son vivant vers 1555
Emmanuel-Philibert vers 1555-1558, entourage d’Antonis Mor. C’est lui qui obtient la restitution en 1559, pas le duc qui subit l’entrée de 1536. Portrait peint de son vivant. Domaine public.
Avant

Un duché entre la France et l’Empire.

Ce qui change

L’occupation, puis un traité qui rend l’État.

Ce qui reste

La maison. Pas toutes les terres de l’ouest.

Phrase à retenir. Un État de cols se reprend par un traité, pas par une bataille dans ses vallées.

Personnage Emmanuel-Philibert Notice Charles III

27 ans

1563

La capitale descend dans la plaine.

Où faut-il habiter pour garder le pays ?

Emmanuel-Philibert transporte le siège de Chambéry à Turin. L’italien devient langue de l’administration. Le château de Chambéry demeure. Le pouvoir, non. Le Piémont est plus riche, plus peuplé, plus exposé. Pour le défendre, il faut y habiter. Pour les vallées, le prix est clair : on les gouverne désormais de l’autre versant. Les musées et les archives de Turin confirment le transfert de 1563, et le fils qui continue la maison : Charles-Emmanuel, né à Rivoli en 1562.

Dans les mêmes années, la maison laisse deux autres traces. Les notices font remonter à 1453 la garde du linge appelé saint suaire. Les actes passés à Genève le 22 mars 1453, dans les registres de Turin, donnent à Marguerite de Charny la châtellenie de Miribel. Ils ne nomment pas le linge. En 1578, Emmanuel-Philibert le fait porter de Chambéry à Turin, où il reste. Le 14 septembre, parfois écrit, n’est pas dans un acte ouvert ici. Dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, le feu prend dans la chapelle du château. Le 5 juin 1561, à Cavour, une paix borne le culte dans les vallées. Philippe de Savoie-Racconigi — l’acte signe « Filippo di Savoia » — signe pour le duc, avec les syndics et les pasteurs. Le texte italien est daté « A Cavore il quinto di Giugno 1561 ». La prédication est permise dans des lieux nommés, parmi lesquels Angrogna, Bobbio et le Villar, et elle s’arrête à leurs limites. Un imprimé français de 1562 est à la Bibliothèque nationale de France et à la Biblioteca Reale de Turin. Une copie italienne est au Vatican.

La façade du palais royal de Turin, entre deux statues équestres
Le palais royal de Turin. En 1563, le siège quitte Chambéry pour cette ville. La façade photographiée est celle du bâtiment actuel. Photo : Fredericks, 2005, domaine public.
Avant

Trois siècles de siège à Chambéry.

Ce qui change

La capitale passe les Alpes.

Ce qui reste

Le château. Plus la cour.

Phrase à retenir. 1563 est la date où la Savoie commence à être gouvernée d’ailleurs.

Personnage Emmanuel-Philibert Notice Emmanuel-Philibert

38 ans

1601 17 janvier, Lyon

L’ouest est cédé.

Que garde-t-on, quand on signe avec le roi de France ?

Le 17 janvier 1601, Henri IV et Charles-Emmanuel Ier signent la paix de Lyon, au sortir de la guerre de 1600-1601. La Savoie cède la Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex. La France rend le marquisat de Saluces. La Bresse était entrée dans le comté en 1272, le Bugey en 1285. Le duché perd ses portes ouvertes sur le royaume de France et gagne une pièce piémontaise. Le poids de l’État penche encore un peu plus vers Turin.

Huit ans plus tard, François de Sales publie l’Introduction à la vie dévote (1609). Le 6 juin 1610, avec Jeanne de Chantal, il fonde à Annecy l’ordre de la Visitation. Il est canonisé en 1665.

La rue pavée qui monte vers le château de Saluces
Saluces, la ville que la France rend au duché le 17 janvier 1601. La rue monte au château. Photo : Isiwal, 22 septembre 2015, CC BY-SA 4.0.
Avant

Des terres des deux côtés du Rhône.

Ce qui change

L’ouest francophone de plaine part à la France. Saluces revient.

Ce qui reste

La Savoie des montagnes, le Piémont, Nice.

Phrase à retenir. En 1601, la maison échange des terres françaises contre une terre italienne.

Personnage François de Sales, pas le signataire Notice Paix de Lyon

105 ans

1706 7 septembre

La capitale tient.

Que reste-t-il à couronner, si Turin tombe ?

Le 2 septembre 1706, Victor-Amédée II et le prince Eugène regardent les lignes françaises depuis la colline de Superga. La notice de la basilique date de ce jour le vœu d’une église, si la ville est délivrée. Le 7 septembre, les lignes sont rompues. Le duc rentre dans sa capitale le jour même. Les Français lèvent le siège et quittent Turin. Les vallées au nord des Alpes restent occupées jusqu’au traité d’Utrecht. Filippo Juvarra bâtit l’église promise : la première pierre est de 1717, l’inauguration du 1er novembre 1731.

La basilique de Superga sur sa colline, au-dessus de Turin
La basilique de Superga, voulue après le 7 septembre 1706, inaugurée le 1er novembre 1731. La photo est le bâtiment, pas le siège. Photo : Paris Orlando, 30 octobre 2018, CC BY-SA 4.0.
Avant

Une capitale assiégée, et le duc hors des murs.

Ce qui change

Turin tient. Le duc y rentre le jour même.

Ce qui reste

Les vallées occupées jusqu’en 1713, et une église sur la colline.

Phrase à retenir. Le roi de 1713 suppose que Turin ait tenu le 7 septembre 1706.

Personnage Victor-Amédée II Date 1713, le roi Notice Superga

7 ans

1713 puis le 17 février 1720

Le duc devient roi.

Une couronne rend-elle les vallées plus centrales ?

Victor-Amédée II sort de la guerre de Succession d’Espagne avec Turin tenue : la ville a soutenu le siège de 1706. Au traité d’Utrecht, en 1713, il reçoit le royaume de Sicile et il est couronné à Palerme. Sept ans plus tard, le traité de La Haye, le 17 février 1720, échange la Sicile contre la Sardaigne. Le titre royal reste. L’île change. La cour ne s’installe ni en Sicile, ni en Sardaigne, ni à Chambéry. Elle est à Turin.

Portrait de Victor-Amédée II en armure, perruque et écharpe où se lit la devise FERT
Victor-Amédée II. Portrait ancien, domaine public, auteur non identifié. Sur l’écharpe, les lettres FERT. Il devient roi en 1713. Ce n’est pas le jour du couronnement.
Avant

Un duché qui a tenu sa capitale.

Ce qui change

Le duc est roi. D’abord de Sicile, ensuite de Sardaigne.

Ce qui reste

Le centre, à Turin. Les vallées, en province.

Phrase à retenir. La couronne n’élève pas les vallées. Elle confirme que le centre est ailleurs.

Date 1706, Turin tient Personnage Victor-Amédée II Notice Victor-Amédée II

79 ans

1792 rendu en 1815

Première sortie, premier retour.

1860 est-il la première fois que la Savoie entre dans la France ?

Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, l’armée française des Alpes entre en Savoie. Chambéry est occupée dès le 23. Le 27 novembre 1792, la Convention décrète la réunion à la République. La Savoie devient le département du Mont-Blanc. Le traité de Paris du 15 mai 1796 le confirme : Victor-Amédée III cède la Savoie et Nice. En 1815, le congrès de Vienne rend le pays à la maison de Savoie. Les notices ne citent pas le même acte : l’une parle de l’acte final du 9 juin 1815, l’autre du traité de Paris du 20 juin 1815. L’année et l’effet sont stables.

La rue du faubourg Montmélian à Chambéry, ancienne route vers l’Italie
Le faubourg Montmélian, à Chambéry, ancienne route vers l’Italie. La ville est occupée le 23 septembre 1792. Photo : Florian Pépellin, 16 mai 2017, CC BY-SA 4.0. La rue d’aujourd’hui.
Avant

Une province du royaume, gouvernée depuis Turin.

Ce qui change

Vingt-trois ans dans la France, puis la restitution.

Ce qui reste

La maison royale. Et la leçon : on peut rendre un pays.

Phrase à retenir. 1860 n’est pas la première entrée dans la France. C’est la première qu’on ne défait pas.

Notice Les Allobroges Notice Le retour de 1815

La coupure, puis 1815

1848 4 mars

Le royaume se donne une constitution.

De quel État la Savoie fait-elle partie, à la veille de 1860 ?

Le 4 mars 1848, Charles-Albert octroie le Statut albertin. Le royaume de Sardaigne devient une monarchie parlementaire. La Savoie y reste une province. Le projet du royaume, lui, regarde l’Italie. Le Statut survit aux défaites de 1848-1849. Il sert encore en 1860. Le 17 mars 1861, il devient la constitution du royaume d’Italie, et il le reste jusqu’à la république de 1946. Comprendre la cession, c’est voir ceci : l’État auquel les vallées appartiennent n’a plus ces vallées pour horizon.

La façade de brique du palais Carignan à Turin, côté place Carignan
Le palais Carignan, à Turin, façade du XVIIe siècle. Charles-Albert octroie le Statut le 4 mars 1848, depuis cette capitale. La plaque du fronton rappelle la naissance de Victor-Emmanuel II. Photo : Sailko, 16 décembre 2010, CC BY-SA 3.0.
Avant

Un royaume restauré, gouverné depuis Turin.

Ce qui change

Une constitution, et un but italien.

Ce qui reste

La Savoie dans le royaume. Pour douze ans encore.

Phrase à retenir. En 1848, les cols sont encore dans le royaume. Le royaume a changé de but.

Notice Royaume de Sardaigne

12 ans

1860 24 mars

La couronne quitte les vallées.

Quand la Savoie cesse-t-elle d’être un État ?

Le 24 mars 1860, à Turin, Victor-Emmanuel II et Napoléon III signent le traité de Turin. Une convention préparatoire a été signée le 12 mars. Le royaume cède le duché de Savoie et l’arrondissement de Nice. C’est le prix de l’aide française contre l’Autriche, promis à Plombières le 21 juillet 1858. Le traité demande l’assentiment des habitants. Le vote a lieu les 22 et 23 avril. Le 29 avril, la cour d’appel de Chambéry proclame 130 533 oui, 235 non et 71 nuls, sur 135 449 inscrits. Des observateurs du temps contestent les conditions : troupes françaises, opposition presque sans espace pour faire campagne. Les chiffres proclamés sont ceux-là. L’effet juridique aussi.

Gravure de 1860 : signature du procès-verbal de cession au château de Chambéry
Le 14 juin 1860, au château de Chambéry, les commissaires signent le procès-verbal de la cession. Le traité, lui, est du 24 mars. Dessin d’Auguste Victor Deroy, publié dans Le Monde illustré du 23 juin 1860. La gravure est libre de droits.
Avant

Huit siècles de la même maison, de plus en plus loin des vallées.

Ce qui change

La Savoie et Nice passent à la France.

Ce qui reste

Le château de Chambéry. Plus la couronne.

Phrase à retenir. La Savoie n’est plus un État. Elle entre dans la France.

Date 1861, la couronne d’Italie Personnages Les sept figures Notice Traité de Turin

1861 17 mars, Turin

La couronne devient celle de l’Italie.

Que fait la maison du pays qu’elle vient de céder ?

Le 17 mars 1861, à Turin, Victor-Emmanuel II promulgue la loi n° 4671. L’article unique dit que le roi prend, pour lui et ses successeurs, le titre de roi d’Italie. Cavour signe. Les Archives d’État de Turin gardent l’acte. La Gazzetta Ufficiale n° 68 du 18 mars l’imprime. Une notice Grokipedia numérote la même loi 4761. L’archive et le ministère de l’Intérieur disent 4671. Le Statut du 4 mars 1848 devient la constitution de ce royaume, et il le reste jusqu’à la république de 1946. Les vallées sont françaises depuis le traité du 24 mars 1860.

L’acte de la loi du 17 mars 1861, avec l’article unique et la date de Turin
La loi du 17 mars 1861, conservée aux Archives d’État de Turin. L’article unique fait de Victor-Emmanuel II le roi d’Italie. Acte du Parlement du royaume de Sardaigne. Document en CC0, crédit Archivio di Stato di Torino.
Avant

Un roi de Sardaigne, et des vallées déjà cédées.

Ce qui change

Le titre. Il est roi d’Italie.

Ce qui reste

La même maison, le même Statut. La Savoie est déjà française.

Phrase à retenir. La couronne qui quitte les vallées en 1860 est, un an plus tard, la couronne de l’Italie.

Date 1860, les vallées Archive L’acte du 17 mars Notice Le royaume d’Italie

Les intervalles mesurent la durée, pas les kilomètres entre Chambéry et Turin. Un long blanc, ce sont des siècles. 1416 et 1418 se touchent : deux ans. 1860 et 1861 se touchent : un an. De 1792 à 1815, le pays n’est plus le royaume : la frise marque cette coupure, puis reprend.

Comment lire

Une date, un changement, une phrase.

01 L’échelle

Les dates vont de 1032 à 1861. Un long intervalle, ce sont des siècles. Deux dates presque jointes, ce sont quelques années. Les intervalles ont un plancher et un plafond, pour ne pas transformer deux siècles en page vide.

02 Le changement

Chaque date dit ce que l’État reçoit, perd, ou cesse d’être. Elle peut dire aussi ce qu’il laisse : un signe, une paix, une capitale qui a tenu, une couronne qui change de nom. Les personnes qui portent ces dates sont sur la page Personnages.

03 La phrase

Une ligne à garder. Si deux notices ne donnent pas le même jour, la page le dit, et elle ne choisit pas à votre place.

D’où viennent les faits

Archives, musées, Grokipedia.

Pas de notice d’encyclopédie généraliste recopiée. Quand deux pages Grokipedia ne disent pas la même chose, la phrase de cette frise le signale. Pour le fils d’Emmanuel-Philibert, pour le transfert de la capitale, pour les plus anciens statuts du Collier et pour la loi 4671, les archives et les musées de Turin tranchent.

Notices

  • Humbert I, Count of Savoy — charte du 4 avril 1003, mort de Rodolphe III le 1er septembre 1032, Maurienne, Chablais et Saint-Maurice en 1034.
  • Otto, Count of Savoy et Adelaide of Susa — mariage vers 1046 avec Adélaïde, héritière de Suse et de Turin.
  • Chambéry — acquisition en 1220, résidence vers 1232. County of Savoy date l’achat de 1232. Les deux sont cités dans la date.
  • County of Nice — dédition du 28 septembre 1388 à Amédée VII. Une notice du duché écrit que Nice fut « conquise » : l’acte retenu est la dédition.
  • Paix de Turin, 8 août 1381 — Amédée VI médiateur entre Venise et Gênes, fin de la guerre de Chioggia. L’original du traité n’a pas été ouvert.
  • Ordre suprême de la Très Sainte Annonciade — texte conservé du 30 mai 1409, copie enluminée aux archives de Turin. L’autre notice date la fondation de 1362 et la lie au mariage de Blanche de Savoie. Cette page ne suit pas ce mariage : les archives se contredisent entre 1362 et 1344, et le mariage est de 1350. La charte royale du 3 juin 1869, à Florence, nomme encore l’ordre suprême. Elle attribue les statuts de 1409 à Amédée VII ; l’archive les date d’Amédée VIII.
  • Amadeus VIII, County of Savoy et Duchy of Savoy — élévation le 19 février 1416, comté de Genève acheté en 1401, Bresse en 1272, Bugey en 1285.
  • Louis of Piedmont — mort en décembre 1418, le 6 ou le 11 selon les passages. Le Piémont revient à Amédée VIII.
  • Charles III — invasion française de mars 1536, Turin en avril.
  • Emmanuel Philibert — Saint-Quentin le 10 août 1557, Cateau-Cambrésis le 3 avril 1559, capitale à Turin en 1563. Annexation of Savoy date le même traité des 2 et 3 mars 1559.
  • Chapelle du Saint-Suaire et histoire du linge — garde attribuée à la maison en 1453, transfert de Chambéry à Turin en 1578, incendie de la chapelle de Chambéry en 1532. Les actes genevois du 22 mars 1453 donnent à Marguerite de Charny la châtellenie de Miribel et ne nomment pas le linge. Le 14 septembre 1578 est dans les notices, pas dans un acte ouvert ici. La page dit la garde et le déplacement. Elle ne dit pas que le linge est celui du tombeau.
  • Paix de Cavour, 5 juin 1561 — capitulations signées à Cavour par Filippo di Savoia pour le duc, et par les syndics et les pasteurs des vallées. Texte italien daté « A Cavore il quinto di Giugno 1561 ». Imprimé français de 1562 à la Bibliothèque nationale de France et à la Biblioteca Reale de Turin ; une copie italienne est au Vatican. Tolérance bornée à des lieux nommés.
  • Treaty of Lyon (1601) — 17 janvier 1601, Bresse, Bugey, Valromey et pays de Gex contre Saluces.
  • François de Sales — Introduction à la vie dévote en 1609, Visitation fondée à Annecy le 6 juin 1610 avec Jeanne de Chantal, canonisation en 1665. Le doctorat de 1877 et le patronage des journalistes en 1923 restent hors de la frise.
  • Victor Amadeus II — siège de Turin en 1706, royaume de Sicile en 1713, traité de La Haye le 17 février 1720.
  • Basilique de Superga — vœu le 2 septembre 1706, lignes rompues le 7 septembre, première pierre en 1717, inauguration le 1er novembre 1731.
  • Assemblée nationale des Allobroges — entrée dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, décret du 27 novembre, département du Mont-Blanc.
  • Kingdom of Sardinia — traité de Paris du 15 mai 1796. L’acte final du congrès de Vienne y est daté du 9 juin 1815. La notice de l’annexion cite un traité de Paris du 20 juin 1815.
  • Traité de Turin (1860) — Statut albertin le 4 mars 1848, cession du 24 mars 1860, Plombières. Annexation of Savoy — convention du 12 mars, résultats proclamés à Chambéry le 29 avril : 130 533 oui.
  • Cavour — la même notice date le Statut du 4 février 1848, puis du 4 mars. La frise garde le 4 mars 1848. Custoza écrit aussi « février », puis le 4 mars.
  • Proclamation du royaume d’Italie — 17 mars 1861, à Turin. La notice numérote la loi 4761, puis 4671. L’archive et la gazette disent 4671. Kingdom of Italy — le Statut du 4 mars 1848 reste la constitution jusqu’à la république de 1946.

Archives et musées

  • Archivio di Stato di Torino — lettres de Charles-Emmanuel Ier, prince de Piémont, à Emmanuel-Philibert « son père », 1576-1579.
  • Musei Reali, Turin — Charles-Emmanuel, fils d’Emmanuel-Philibert et de Marguerite de Valois ; capitale transférée de Chambéry à Turin en 1563.
  • Catalogo generale dei beni culturali — Charles-Emmanuel Ier, né à Rivoli en 1562, fils d’Emmanuel-Philibert et de Marguerite de France.
  • Archivio di Stato di Torino, statuts du Collier — copie enluminée des statuts renouvelés par Amédée VIII le 30 mai 1409, plus ancien texte conservé, avec les additions du 13 février 1434. La légende dit une fondation de 1362. Le paragraphe suivant dit 1344, quatorze chevaliers et le comte pour quinzième. Chartreuse de Pierre-Châtel voulue par le testament de février 1383. Le 11 septembre 1518 est écrit au conditionnel.
  • Archivio di Stato di Torino, naissance du royaume — loi n° 4671 du 17 mars 1861, article unique, signatures du roi et de Cavour. Ministère de l’Intérieur — le même texte, publié à la Gazzetta Ufficiale n° 68 du 18 mars 1861.